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QP052004

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Par Philippine lagarrigue
École nationale supérieure d'art et de design de Nancy (Nancy)
Le 26.07.2017

Film documentaire présenté en juin pour le Diplôme Nationale Supérieure d'Expression Plastique à l'école nationale supérieure d'art et de design de Nancy.

QP052004 est un documentaire de treize minutes qui tend à nous questionner sur les conditions dans lesquelles évoluent nos quartiers prioritaires français. Nés en partie des problèmes rencontrés par les banlieues dans les années 1980 et anciennement appelés zones urbaines sensibles, puis re-délimités en 2015, les 1300 quartiers prioritaires français ont été définis selon le revenu de leurs habitants. 
QP052004 s’articule autour du quatrième quartier prioritaire de la Haute-Marne (52) situé à Saint-Dizier : le Vert-Bois. Ce titre fait de sigle et de numérotation est le nom administratif qu’a donné le ministère de la ville à ce quartier.

Le Vert-Bois est un choix tout d’abord relatif au fait que j’en sois originaire, mais aussi à cause de son statut atypique : construits dans les années 1960 au nord-est de la France, cette cité accueille les ouvriers de la métallurgie et des fonderies de la région, devenant un modèle de cité ouvrière pour le reste de la France. Depuis 2007, les usines ferment ou sont délocalisées, engendrant un phénomène de « territoire détendu » au sein de celle-ci. Cela signifie que le nombre de logements vacants est supérieur au nombre de demandes de logements. Un cas plutôt spécifique du nord-est de notre pays, à la différence des autres quartiers prioritaires des grandes métropoles qui ne désemplissent pas. 

Cette réflexion autour des grands ensembles débute en 2015, lors de l’écriture de mon mémoire intitulé "Banlieue et clips de rap français". Celui-ci porte sur la relation entre les textes de rap dit conscients, ayant pour thème la banlieue et leurs mises en images en mouvements. Je tends à décrypter et comprendre les différents procédés filmiques utilisés par le clippeur, pour servir le discours engagé du rappeur. Dès lors, je prends conscience que certains clips ont une valeur documentaire voir d’archive et j’entreprends un constat sur la représentation et l’évolution de nos banlieues de 1990 (c’est à dire depuis l’explosion du mouvement Hip Hop dans les médias français) jusqu’à aujourd’hui. 

Dans le contexte des élections présidentielles 2017, mon mémoire s’achève par une conclusion mitigée sur l’état actuel de nos banlieues. Je me lance alors dans l’écriture de mon propre documentaire qui tient à mettre en exergue les enjeux socio-politiques et économiques mis en place par la politique de la ville et les réalités sociales qui en découlent.
 
Après avoir rencontré le service urbanisme de la ville de Saint-Dizier ainsi que plusieurs habitants du Vert-Bois, je décide de me rendre seule dans ce quartier avec une caméra et un enregistreur audio durant dix jours consécutifs. Une solitude qui rend la captation plus compliquée, mais qui est nécessaire pour m’imprégner du quotidien de ces habitants et continuer de préserver leur confiance et notre intimité. 

Finalement, les habitants désertent ou se doivent de quitter ce quartier, ils ne sont donc plus les acteurs principaux de la vie du Vert-Bois, ni de mon documentaire. L’humain n’intervient qu’à deux reprises, par des interviews porteuses d’un constat sur cette politique de la ville. Le discours idéologique du film se construit alors par le montage et les types de plans en majorité « photos vidéo ». 
En devenir d’être une cité dortoir, ce sont les logements sociaux neufs, anciens ou voués à être démolis qui deviennent les sujets principaux. Ces blocs de béton massifs prennent des formes d’abstractions déshumanisantes, autour et dans lesquelles, l’attente est devenue maitresse.

QP052004 tend à s’inscrire notamment dans le film documentaire du champ de l’art contemporain et à être projeté en boucle, sur un écran de 3 mètres par 5.
Si vous le regardez à partir de votre ordinateur, je vous conseille d’utiliser un casque audio afin d’apprécier au mieux l’ambiance sonore. 

Philippine Laga

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