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Fault Zone (Vidéo)

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Par Angélique stehli
Ecole Cantonale de Lausanne (Lausanne)
Le 27.07.2017

J’ai passé les premières années de mon enfance à San Francisco.  Lorsque j'ai quitté les Etats-Unis pour l’Europe, je n'avais pas compris que nous n'y retournerions pas.
Mon enfance en Californie a beaucoup influencé ma façon de voir les choses et de travailler, tous mes projets y sont liés d’une manière ou d’une autre. Des thématiques tel que la mémoire, l'identité, ou l'idée d’un ailleurs a toujours fait parti de mon processus créatif.
Pour ce projet je suis retournée sur le lieu de mon enfance, mon eldorado, travaillant sur une vidéo épistolaire mélangeant différentes temporalités qui se connectent comme un mythe.
Je voulais me confronter à comment parler de choses qui ne sont pas visibles mais qui font parties de nos dialogues intérieurs, qui vivent et se développent dans des couches lointaines de l'esprit. Notre mémoire se développe lorsqu’on a trois ans, hors à sept ans je suis partie, par conséquent toutes mes aspirations se basent sur une infime partie de mon existence dont en fait je ne sais pas grand chose.
J’ai donc voulu, comme conclusion à ces années d’études retourner là où tout a commencé. Je suis partie dans un premier temps essayer de retrouver ces sensations primitives d’un passé fragmenté. Puis je me suis intéressée à ce qu’on appelle là-bas le mythe du « Big One », sur la faille de San Andreas qui traverse la Californie. L’idée qu’un jour il y aurait un séisme plus grand que jamais qui causerait la Californie de se détacher du reste du continent pour tomber sous l’Océan Pacifique, une sorte d’Atlantide.
Mon voyage prends place là où l’histoire commence à la fois scientifiquement et personnellement, San Francisco. J’ai ensuite sillonné la Californie en descendant vers la frontière mexicaine tout en longeant la faille de San Andreas jusque là où elle prends fin. Je parcours des lieux qui sont donc eux aussi voué à disparaitre un jour.
Dans ma vidéo, je m’adresse à quelqu'un dans le futur, comme une capsule temporelle et la Californie auraient peut-être déjà disparu. Ce voyage autour des zones de la faille devient une métaphore d'une histoire plus personnelle.
Les choses appartenant à mon passé ont disparu mentalement et ces endroits le long de ma route disparaîtront un jour physiquement.
Je tente de connecter les points de perceptions tangibles entre passé, présent et futur.

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